Point de vue de notre syndicat: L’UG déplore que les questions de l’Éducation Populaire et de la Cogestion ne soient pas abordées dans cet observatoire. Le rapport n’aborde que la question certes importante du financement des MJC et décrit un panel d’activités réalisées. Pas une seule fois la question du projet d’Éducation Populaire n’est abordée. Quelles MJC développent encore un projet émancipateur pour leurs adhérents. 27000 salariés mais dans combien de MJC la cogestion existe et combien de salariés siègent dans les conseils d’administration. Ce sont des questions essentielles à aborder et L’UG demandera à rencontrer prochainement MJC de France sur ces points importants.

Les résultats de l’Observatoire des MJC 2026 montrent que 38% d’entre elles étaient en déficit en 2024. Un pourcentage certes inférieur à celui de 2022 (53%), mais qui masque une réalité financière toujours préoccupante, à laquelle s’ajoutent de potentielles menaces de nature politique.
À l’initiative du 1er Observatoire des Maisons de la jeunesse et de la culture (MJC), le réseau MJC de France en publie une deuxième édition, qui s’appuie sur les données collectées, de novembre 2025 à février 2026, auprès de 178 MJC (contre 165 lors de la précédente enquête).
Conçus comme des lieux et équipements associatifs de proximité, les MJC déploient leur action sur des territoires très diversifiés : majoritairement en ruralité (pour 53% d’entre elles), mais aussi en centre urbain (24%), en périurbain (24%), dans les quartiers politique de la Ville (pour 18%) et, dans une moindre mesure, en zone de revitalisation urbaine (7%).
Si le sport demeure leur activité phare (76% des structures répondantes en proposent), celui-ci est suivi de près par la danse (pour 73% des MJC), les arts plastiques (70%), le théâtre (67%) et la musique (49%). Au-delà de la pratique artistique, les MJC s’engagent, en outre, en faveur du soutien à la création. Plus de la moitié d’entre elles (58%) accompagnent en effet les projets artistiques de leurs adhérents, 35% mettent en place des résidences d’artistes, et 12% vont même jusqu’à participer à la création et à la coproduction d’œuvres. La diffusion n’est pas en reste, puisque 46% des MJC assurent une programmation culturelle régulière, et 32% organisent un festival. Au total, sont présentés chaque année au sein du réseau 2 400 spectacles de théâtre, 2 130 concerts,
300 spectacles de danse, ainsi que 39 000 séances de cinéma, à des prix très accessibles, le tarif d’entrée médian se situant entre 5 € et 12 €.
L’analyse des publics atteste, quant à elle, du rôle déterminant joué par les MJC dans l’accueil des enfants et des jeunes. Sur les 3,5 millions de bénéficiaires, un peu plus de 50% ont moins de 24 ans (28,3% ont moins de 10 ans, et 22% entre 11 et 24 ans), tandis que 34,7% sont âgés de 25 à 64 ans.
En matière d’emploi, 87% des MJC sont employeuses, ce qui représente, à l’échelle du réseau,
22 700 salariés (dont 12 000 en CDI, 8 100 en contrats d’engagement éducatif, et 2 500 en CDD). Elles accueillent également 5 000 stagiaires, et 32% d’entre elles, des jeunes en service civique. Néanmoins, comme dans d’autres structures associatives, le bénévolat occupe une place centrale : 83% des MJC proposent des activités encadrées par des bénévoles, qui sont 45 000 à être actifs dans le réseau.
Malgré le poids économique conséquent qu’elles représentent (443 M€), les MJC, qui fonctionnent pour moitié via un autofinancement et pour autre moitié grâce à des subventions (alors que le ratio était, lors du précédent Observatoire, de 48% de ressources propres, et de 52% de subventions publiques), pâtissent d’une fragilité financière. 38% des MJC accusaient un déficit en 2024, contre toutefois 53% en 2022. « Mais cette progression masque une réalité préoccupante : les ressources propres ont augmenté de 30%, résultant d’une hausse des tarifs des activités et de la billetterie (pour 66% des MJC), d’une réduction d’activités, d’un gel des embauches, de licenciements et de l’augmentation du nombre de personnes adhérentes (+ 16,5%) », précisent les auteurs de l’étude. Car les subventions n’ont progressé en moyenne que de 8% (et ce pour seulement 64% des associations), ce qui ne couvre par l’augmentation des charges (+ 10%) sur la même période. « Cette gestion de crise pèse d’abord sur les plus précaires et appelle à une meilleure prise en compte des conjonctures dans l’attribution des subventions, incluant une hausse plus conséquente des financements publics pour préserver le principe fondateur des MJC : l’accueil inconditionnel », fait valoir MJC de France.
Pour rappel, le bloc communal constitue le premier soutien des MJC (48,4% des subventions proviennent des communes, et 13,8% des communautés de communes), très loin devant l’État (8,4%), les Départements (4,1%) et les Régions (1,6%). Résultant de leur fort ancrage territorial, une telle dépendance expose les projets des MJC à des difficultés, tant d’un point de vue financier à la veille du vote des budgets municipaux 2027, que politique, en raison des changements de majorité intervenus récemment. Le président de MJC de France, Jean-Yves Macé, juge ainsi l’enjeu démocratique porté par les MJC, directement menacé. « Nous nous inquiétons, souligne-t-il, de notre capacité à mener nos projets d’éducation populaire en toute liberté pédagogique, dans un partenariat sincère avec les collectivités. »