Historique

L’UG FERC CGT MJC n’a cessé d’être déterminante dans le débat d’idées pour la défense du droit d’association MJC, des Fédération, et des personnels.

La création de l’UG a été décidée par le syndicat FEN CGT qui préexistait à la FFMJC. Celui-ci ne syndicalisait que les directeurs de MJC ainsi que les personnels administratifs de la fédération. Par contre, actuellement l’UG FERC CGT permet la syndicalisation de toutes les catégories de personnels. Charge à eux de constituer leur syndicat CGT, de plein exercice, adhérent de l’UG, ou de créer une section syndicale dans chaque association MJC employeur.

La création de l’UG FERC CGT est intervenue dans le contexte de l’agression politique du président Pompidou, contre les MJC et la FFMJC et orchestrée par les ministres François Missoffe et Joseph Comiti. Elle sera soutenue à l’interne par nombre de délégués fédéraux allant jusqu’à entrainer des Fédérations Régionales à la scission et à poser des actes délinquants de rétention des fonds publics dû à la FFMJC.

Le contexte est marqué par des mesures autoritaires de l’Etat qui pleuvent sur les MJC :

– interdiction de siéger dans les instances de la FFMJC pour les délégués des personnels,

– interdiction de la tenue d’assemblées générales des MJC,

– régionalisation contrainte et forcée des personnels de la FFMJC, sans les moyens de sa mise en œuvre,

– interdiction de tout financement public pour l’aménagement et la construction d’équipement MJC,

– suppression des crédits alloués à la formation des futurs directeurs (trices) de MJC,

– diabolisation du fait associatif MJC par les canaux administratifs et politiques de l’Etat, que la presse traitera comme des faits divers sans leur donner de signification pour la société…

L’UG FERC CGT, depuis sa création, est très attachée à l’émancipation individuelle et collective des intéressés eux-mêmes, ce qui veut dire qu’elle ne professe pas le laisser faire ni la résignation face à l’inacceptable. Et c’est ainsi qu’avec la majorité des personnels et la majorité des MJC qui le confirment par trois assemblées générales consécutives, une lutte de résistance se développe. La lutte impulse une réflexion sur le rôle d’un Etat Républicain mais également sur celui d’une grande FFMJC au service de l’éducation populaire. Or la gestion de la FFMJC pose de nombreuses questions qui vont retenir toute l’attention d’une assemblée générale des MJC. André PHILIP président depuis la création de la FFMJC, se sent dépassé. Il décide de démissionner. Tout en ne disant mot sur la politique d’Etat, il accuse par voie de presse, les représentants des personnels, élus de la liste CGT, d’être la cause de toutes les difficultés de la FFMJC.

Ag de la FFMJC à Grenoble en 1968

Le vice-président Paul JARGOT, ayant participé à la lutte de résistance et aux négociations nécessaires est élu président de la FFMJC. Une présidence qui va ouvrir une embellie nouvelle à la FFMJC mais qui ne sera pas soutenue par l’appareil fédéral ni par le ministère de tutelle dont les objectifs demeurent le désengagement financier de l’Etat.et le contrôle de la FFMJC. Dans cette lutte l’UG CGT MJC agit, afin de doter la FFMJC d’outils de réparation et de reconquête de son identité ainsi que des moyens de son développement. C’est- ainsi que l’UG négocie et signe la convention collective FR/FFMJC de 72  et élabore une annexe pour les personnels des MJC. La caisse interrégionale de la paye des personnels est constituée avec l’existence d’un taux moyen. Les CE et le CCE sont créés avec l’acquisition de leur siège à Paris, passage Verdeau. De nombreux accords sont signés, des licenciements sont empêchés et des emplois maintenus.

Rassemblement national des MJC Reims 1982

L’après présidence Paul JARGOT va ouvrir une longue période de régressions de toutes sortes marquées par la volonté des directions fédérales successives de détricotage de toutes les reconquêtes et avancées sociales et démocratiques. Le mécontentement restant très fort, la majorité des personnels et des MJC se rassemblent et manifestent à Paris pour l’exprimer. Ce fut un immense succès malgré sa dénaturation et son habillage ésotérique par la direction de la FFMJC qui ne sollicitera aucune rencontre avec la puissance publique afin de présenter les revendications du secteur des MJC. Les abandons et les dérives de la direction fédérale vont se poursuivre Le désengagement de l’Etat va inciter à la recherche d’expédients financiers et à la marchandisation. Les choix des directions successives de la FFMJC vont aller dans le sens de l’endormissement de la résistance citoyenne des acteurs des MJC qui avait été si déterminante.

Ag de la FFMJC Angoulème 1985

L’UG reste bientôt la seule force organisée à porter les revendications et à ne pas laisser faire la braderie de toute une historicité au service de l’éducation populaire et des MJC.

Nombreux sont ceux qui n’ignorent pas que des MJC résistent et luttent, ne sacrifient pas aux difficultés leurs activités de création dans les arts et les cultures, maintiennent leurs initiatives en direction des jeunes et des populations en plus grandes difficultés, refusent les exclusions. Des MJC résistent afin de ne pas se transformer et se confondre en supérettes d’activités de loisirs moins soucieuses d’émancipation individuelle et collective que de consommation.

Nombreux sont ceux qu’il n’est plus besoin de convaincre sur l’utilité de l’UG FERC CGT, facilitant la confrontation d’expériences et le rassemblement pour la défense des droits moraux et matériels des personnels…

Nombreux sont ceux qui créditent l’UG CGT MJC et les syndicats membres, d’avoir la capacité à convaincre d’une Fédération nationale de MJC autrement pour gagner des progrès. Dans le contexte d’aujourd’hui, des urgences sont criantes qui ne supposent ni dérobade, ni démission.

C’est par des volontés pugnaces partagées qu’il est possible de faire cesser la braderie du concept de projet MJC, laïc, démocratique d’éducation populaire cogéré public privé. Il porte les perspectives de développement du secteur des MJC.

20ème congrès de l’UG Givors 2009